Sécurité IA

Contenu généré par IA : ce que lAI Act impose

Comprends quand un contenu généré par IA doit être signalé, ce qui change le 2 août 2026 et comment mettre ton entreprise en conformité.

Louis LAURENT

-

Fondateur, Kryve

10

mins read

10

mins read

À partir du 2 août 2026, certaines entreprises devront signaler les contenus générés ou manipulés par une IA. L’obligation ne couvre pas chaque phrase passée dans ChatGPT. Elle vise surtout les deepfakes, certains textes d’intérêt public et le marquage technique des contenus synthétiques par les fournisseurs de systèmes d’IA.

La nuance compte. Écrire « généré par IA » sous tout contenu publié ne garantit pas la conformité. À l’inverse, laisser une IA produire seule une information destinée au public peut créer une obligation claire, même si le texte paraît banal.

L’article 50 de l’AI Act organise ces règles de transparence. La Commission européenne a publié ses lignes directrices et un code de bonnes pratiques pour préciser leur application. Voici ce que cela change pour une entreprise, une agence ou un créateur professionnel.

Les trois obligations à distinguer

Le texte ne traite pas tous les acteurs de la même manière.

Les systèmes qui interagissent avec des personnes

Une personne doit savoir qu’elle échange avec une IA lorsque ce n’est pas évident. Un chatbot de support, un assistant vocal ou un agent commercial doit donc annoncer sa nature artificielle au début de l’interaction, sauf si le contexte la rend déjà manifeste.

Cette règle protège le choix de l’utilisateur. Elle évite qu’une voix ou un texte fluide fasse croire qu’un humain répond en direct.

Si tu construis ce type de système, notre guide sur les agents vocaux IA détaille les composants techniques à surveiller.

Les fournisseurs de modèles génératifs

Les fournisseurs de systèmes qui produisent de l’image, de l’audio, de la vidéo ou du texte synthétique doivent rendre ces résultats détectables dans un format lisible par machine. Le marquage doit être efficace, interopérable, robuste et aussi fiable que la technique le permet.

Cette obligation se situe dans le fichier ou le flux lui-même. Elle ne remplace pas toujours une mention visible par le public.

Pour une entreprise qui utilise un modèle tiers, la première question devient donc contractuelle et technique : le fournisseur applique-t-il un marquage conforme, et ce marquage survit-il à l’export, à la compression ou au montage ?

Les entreprises qui publient certains contenus

Les déployeurs, c’est-à-dire les organisations ou professionnels qui utilisent un système d’IA, doivent rendre visibles deux grandes catégories :

  • les deepfakes ;

  • certains textes générés ou manipulés par IA qui informent le public sur un sujet d’intérêt public.

Dans ces cas, un marquage invisible dans les métadonnées ne suffit pas. L’information doit être présentée clairement et au moment de la première exposition au contenu.

Quand un texte d’entreprise doit-il être signalé ?

La règle ne dit pas que chaque email, description produit ou publication sociale assistée par IA doit recevoir une étiquette.

Elle vise le texte publié pour informer le public sur une question d’intérêt public lorsque ce texte est généré ou manipulé par une IA sans contrôle humain éditorial.

Trois tests permettent de raisonner.

Le texte informe-t-il le public ?

Une note interne n’est pas une publication destinée au public. Une page de blog, un article, une newsletter ouverte ou une publication sociale peuvent l’être.

Le contexte de diffusion compte davantage que l’outil utilisé.

Le sujet relève-t-il de l’intérêt public ?

La Commission cite notamment les sujets politiques, sociaux, économiques, environnementaux, de santé et de sécurité. Une actualité réglementaire, une analyse électorale ou une information médicale sont donc plus exposées qu’une fiche décrivant la couleur d’un produit.

La frontière demande du jugement. En cas de doute, documente pourquoi le sujet a été classé comme relevant ou non de l’intérêt public.

Le contrôle humain est-il substantiel ?

L’exemption importante concerne le contenu soumis à une revue humaine ou à un contrôle éditorial lorsqu’une personne physique ou morale assume la responsabilité éditoriale de la publication.

Cette revue doit être réelle. Corriger l’orthographe, changer deux mots ou approuver mécaniquement un texte ne suffit pas. Le relecteur doit pouvoir vérifier les faits, modifier l’angle, refuser la publication et répondre du résultat final.

Une entreprise qui automatise sa production éditoriale doit donc conserver la preuve de cette intervention : personne responsable, date, sources contrôlées, changements effectués et décision de publier.

Deepfake : la mention visible reste obligatoire

Un deepfake est un contenu image, audio ou vidéo généré ou manipulé par une IA qui ressemble à une personne, un objet, un lieu ou un événement réel et pourrait être perçu à tort comme authentique.

Le cas évident est la vidéo d’un dirigeant prononçant des mots qu’il n’a jamais dits. Une voix clonée, une photo réaliste d’un événement fictif ou un montage altérant un fait réel peuvent aussi entrer dans cette catégorie.

La mention doit être claire. Pour l’image et la vidéo, elle doit être visible. Pour l’audio, elle doit être audible ou autrement immédiatement accessible. La Commission veut éviter qu’un avertissement soit caché dans des conditions générales ou dans des métadonnées que personne ne consulte.

Il existe des adaptations pour les œuvres artistiques, satiriques ou fictives. L’information reste nécessaire, mais elle peut être présentée d’une manière qui ne dégrade pas l’expérience de l’œuvre.

Ce que l’AI Act n’impose pas

Plusieurs raccourcis circulent déjà.

« Tout contenu assisté par IA doit être étiqueté »

Non. Un humain peut utiliser une IA pour chercher, structurer ou reformuler, puis exercer un contrôle éditorial substantiel. Pour un texte d’intérêt public, cette responsabilité humaine peut écarter l’obligation de divulgation prévue pour les déployeurs.

Il reste prudent d’expliquer volontairement le rôle de l’IA lorsqu’il influence fortement la méthode ou la confiance du lecteur. Mais transparence volontaire et obligation juridique ne sont pas la même chose.

« Une phrase en petits caractères suffit »

Pas nécessairement. La mention doit être accessible, compréhensible et placée au plus tard lors de la première exposition. Pour un deepfake, elle doit être visible ou audible.

« Le marquage du fournisseur couvre l’entreprise »

Le marquage technique et la divulgation publique répondent à deux obligations différentes. Une entreprise ne devrait pas supposer que les métadonnées ajoutées par son fournisseur remplacent son propre devoir d’information.

« Les anciens contenus doivent tous être repris »

Les obligations de l’article 50 s’appliquent à partir du 2 août 2026. La FAQ de la Commission indique qu’elles ne sont pas rétroactives pour les contenus créés avant cette date.

En revanche, republier, modifier ou remettre fortement en circulation un ancien contenu après l’entrée en application mérite une nouvelle analyse.

Une méthode de conformité en sept étapes

1. Cartographier les usages

Liste les systèmes qui créent ou modifient du texte, de l’image, de l’audio et de la vidéo.

Pour chaque usage, note :

  • fournisseur et modèle ;

  • type de contenu ;

  • public visé ;

  • canal de publication ;

  • niveau d’autonomie ;

  • personne responsable ;

  • présence d’un marquage technique.

Cette cartographie rejoint la logique d’un système d’IA personnel : l’outil compte moins que les permissions et les décisions qu’on lui confie.

2. Classer les contenus

Ajoute une classification simple :

  • interaction directe avec une IA ;

  • contenu synthétique ordinaire ;

  • texte d’intérêt public ;

  • deepfake ;

  • œuvre artistique ou satirique ;

  • contenu purement interne.

La classification doit être compréhensible par l’équipe marketing, pas réservée au service juridique.

3. Définir le contrôle humain

Écris ce qu’une revue substantielle exige :

  • lecture complète ;

  • contrôle des sources ;

  • vérification des chiffres et dates ;

  • droit de modifier l’angle ;

  • contrôle des images et légendes ;

  • validation par une personne nommée ;

  • conservation d’une trace.

Une validation dans un outil de gestion de projet peut suffire si elle contient la preuve utile. Une case cochée sans commentaire ne prouve rien.

4. Créer des mentions adaptées

Prépare des formulations par format :

  • « Vous échangez avec un assistant alimenté par une IA » ;

  • « Image générée par IA » ;

  • « Voix synthétique » ;

  • « Vidéo modifiée par IA » ;

  • « Ce texte a été généré par une IA sans contrôle éditorial humain ».

Évite la formule vague « contenu créé avec l’aide de l’IA » lorsqu’elle ne permet pas de comprendre ce qui a été généré.

5. Vérifier la chaîne de fichiers

Teste si le marquage technique survit :

  • à l’export ;

  • au redimensionnement ;

  • à la compression ;

  • au montage ;

  • au passage dans un outil social ;

  • au téléchargement puis ré-envoi.

Une promesse fournisseur n’est pas une preuve de bout en bout.

6. Journaliser la décision

Pour chaque contenu sensible, conserve :

  • la classification ;

  • la version générée ;

  • les sources ;

  • les modifications humaines ;

  • le valideur ;

  • la mention appliquée ;

  • l’URL publiée.

Cette discipline est proche d’une bonne mémoire d’agent IA : l’état durable pointe vers la preuve au lieu de recopier tout l’historique.

7. Revoir le dispositif

Les techniques de détection et les pratiques du marché vont évoluer. Planifie une revue des mentions, des fournisseurs et des contrôles après les premières semaines d’application, puis à chaque changement majeur de modèle ou de canal.

Les erreurs qui coûteront le plus cher

La première erreur sera d’attendre une plainte pour cartographier les usages.

La deuxième sera de traiter la conformité comme une phrase à ajouter après la production. Le bon endroit pour décider de la mention se trouve avant la publication, lorsque l’équipe connaît encore le modèle utilisé, le niveau de contrôle humain et le statut du contenu.

La troisième sera de confondre automatisation et absence de responsabilité. Un agent peut préparer, vérifier et publier une page. L’organisation qui le déploie reste responsable de son processus.

Les sanctions prévues par l’AI Act peuvent atteindre 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires annuel mondial pour certaines violations. Le montant exact dépend du manquement et du contexte. Pour une décision juridique, fais valider ton dispositif par un conseil compétent.

Questions fréquentes

Un post LinkedIn rédigé avec ChatGPT doit-il être étiqueté ?

Pas automatiquement. Analyse son sujet, le rôle réel de l’IA et la qualité du contrôle éditorial humain. Un texte commercial relu et assumé par son auteur n’est pas traité comme un article d’intérêt public généré sans contrôle.

Une image illustrative générée par IA est-elle un deepfake ?

Pas si elle ne représente pas faussement une personne, un lieu, un objet ou un événement réel comme authentique. Elle reste un contenu synthétique que le fournisseur doit pouvoir marquer techniquement.

Une entreprise individuelle est-elle concernée ?

Oui lorsqu’elle agit dans le cadre d’une activité professionnelle ou économique. L’exemption visant l’usage personnel non professionnel ne couvre pas un contenu publié pour une activité commerciale.

Peut-on automatiser la mention ?

Oui, à condition que la classification en amont soit fiable et qu’un contrôle vérifie sa présence sur le canal final. Automatiser une étiquette erronée ne crée pas de conformité.

Le contrôle éditorial devient un actif

La règle européenne ne condamne pas la production assistée par IA. Elle demande de rendre visibles les situations où l’artificiel pourrait tromper et de prouver qu’une responsabilité humaine existe ailleurs.

Le dispositif le plus solide tient dans quatre artefacts : une cartographie des usages, une classification des contenus, une règle de revue substantielle et une preuve de publication.

Pour recevoir nos méthodes concrètes sur les agents, l’automatisation et leur mise en production, abonne-toi à la newsletter Kryve.

Commence maintenant

Commence maintenant

Passe de la lecture à la construction

Passe de la lecture à la construction

Kryve Hub t’apprend à construire les agents dont parle cet article.

Kryve Hub t’apprend à construire les agents dont parle cet article.

Continue à lire

Dautres analyses pour ton système

Guides, benchmarks et cas concrets pour construire des agents qui tiennent la route.

Continue à lire

Dautres analyses pour ton système

Guides, benchmarks et cas concrets pour construire des agents qui tiennent la route.

Continue à lire

Dautres analyses pour ton système

Guides, benchmarks et cas concrets pour construire des agents qui tiennent la route.

30 juil. 2026

Agents IA

Comment tracer un agent IA sans exposer ses données

Mets en place le tracing d’un agent IA : traces, appels d’outils, garde-fous, données sensibles et preuves utiles pour diagnostiquer.

30 juil. 2026

Agents IA

Comment tracer un agent IA sans exposer ses données

Mets en place le tracing d’un agent IA : traces, appels d’outils, garde-fous, données sensibles et preuves utiles pour diagnostiquer.

30 juil. 2026

Agents IA

Comment tracer un agent IA sans exposer ses données

Mets en place le tracing d’un agent IA : traces, appels d’outils, garde-fous, données sensibles et preuves utiles pour diagnostiquer.

Mémoire d’un agent IA

29 juil. 2026

Agents IA

Mémoire d’un agent IA : construire un contexte qui tient

Comprends la mémoire d’un agent IA et construis un système fiable avec état, notes durables, récupération, consolidation et conflits.

Mémoire d’un agent IA

29 juil. 2026

Agents IA

Mémoire d’un agent IA : construire un contexte qui tient

Comprends la mémoire d’un agent IA et construis un système fiable avec état, notes durables, récupération, consolidation et conflits.

Mémoire d’un agent IA

29 juil. 2026

Agents IA

Mémoire d’un agent IA : construire un contexte qui tient

Comprends la mémoire d’un agent IA et construis un système fiable avec état, notes durables, récupération, consolidation et conflits.

SEO IA automatisé

29 juil. 2026

Automatisation

Automatiser son SEO avec l’IA sans publier du contenu vide

Construis un pipeline SEO avec l’IA qui part des vraies requêtes, vérifie ses sources, publie proprement et apprend des résultats.

SEO IA automatisé

29 juil. 2026

Automatisation

Automatiser son SEO avec l’IA sans publier du contenu vide

Construis un pipeline SEO avec l’IA qui part des vraies requêtes, vérifie ses sources, publie proprement et apprend des résultats.

SEO IA automatisé

29 juil. 2026

Automatisation

Automatiser son SEO avec l’IA sans publier du contenu vide

Construis un pipeline SEO avec l’IA qui part des vraies requêtes, vérifie ses sources, publie proprement et apprend des résultats.

Commence maintenant

Dans 7 mois, lIA aura doublé.
Et toi ?

Tu peux continuer à lui poser des questions. Ou apprendre, dès aujourd’hui, à lui confier du travail. Les 30 places fondatrices n’attendront pas 7 mois.